Est-ce qu’on va l’accepter, cette petite maghrébine? Est-ce que l’on doit accueillir toute la beauté du monde? Eh bien … Cela ne nous regarde pas! Cette jolie plante est aperçue très sporadiquement dans le sud de la France. Linum grandiflorum apparaît à bas bruits hors des jardins. Tison souligne un comportement messicole dans le Languedoc: peut-être y a t’elle trouvée un cluster qui lui convient???
Cela fait longtemps qu’elle se propose à notre territoire. La flore de droite pourrait tout de même reconnaitre tous ses mérites depuis 1859 (avec des mentions plus sporadiques encore, et même parfois surprenantes –celle du côté de Magnat-L’étrange dans le 23, ou encore celle sur le plateau de Millevaches, telles que communiquées sur le SI de l’inventaire du patrimoine naturel).
En outre Image de la Flore de Paris la signale en tant que ressemée spontanément à proximité immédiate d’un emplacement où elle a été instaurée. Ce qui n’en fait pas encore une échappée de culture (subspontanée).
Description
Linum grandiflorum est remarquable par la grandeur de ses fleurs d’un rouge franc.

On peut encore s’intéresser aux sépales ciliés et glanduleux. Il semble en aller de même des bractées (des feuilles les plus hautes)

Les feuilles sont alternes, sans pilosité.

La capsule est assez grosse.

Origine des lins
Les différents lins ssemblent originaires d’Afrique australe. Cependant que la répartition du genre Linum est très large (Amérique du nord, Asie, Afrique du sud, Australie). Si l’on prends le Lutétien comme point d’origine des lins … En Afrique du sud, la date très reculée, montre que l’orogénèse des grands massifs orientés nord-sud en Afrique de l’est n’a pas encore eu lieu (ces chaines montagneuse formant probablement une autoroute climatique sud-nord à l’holocène, et même depuis la fin du pliocène). D’autre part plusieurs grands mouvements climatiques d’ampleurs vont avoir lieu entre cette période et le paléolithique.
Noter que les lins ayant un avantage « évolutif » quant à la pollinisation (sur différents individus, certains présentent des étamines différentes: on appelle çà l’hétérostylie), ne sont pas parvenus à passer de notre côté de la méditerranée (à l’exception de Linum leonii, lequel appartient en fait à une section autogame … Et peut-être un jour à venir celui qui est présenté ici).
L’hétérostylie est considérée comme un avantage car elle favorise fortement l’allogamie, et donc le renouvellement génétique de l’espèce. Les espèces de lins homostyles sont essentiellement autogames. L’hétérostylie est une innovation remarquable dans ce genre. Les innovations dans le vivant permettent d’orienter le classement chronologique de l’apparition des familles, genres, groupes et sections. En ce qui concerne par contre la datation … Il reste envisageable que le matériel puisse être parfois un peu éclectique: les méthodes de datations ont énormément évoluées. Avec de nettes améliorations.
En conclusion, que ce soit pour les lins, le baobab, ou de très nombreuses plantes du continent africain qui se trouvent aussi bien au sud de la forêt pluviale équatoriale qu’au nord de celle ci, on a affaire ici à un phénomène étudié sous le nom de « Rand flora », lequel reste mystérieux. Autre mystère en ce qui concerne le lin … L’énormité de sa distribution dans le monde.
Malpighiales>Linaceae>Linum grandiflorum
Ecologie de Linum grandiflorum
Accidentelle au sud de l’Hexagone. Mais semble peut-être promise à un nouveau statut? Actuellement en refuge hors concurrence nette dans des champs cultivés.
En ce qui concerne la plante photographiée, elle est introduite à raison ornementale au Parc des Beaumonts (93100).
Efloramaghreb la présente comme flore des pâturages argilo-calcaire, en Afrique du nord.
Economie
Ici une ornemtale.
Le lin utilisé pour le textile, Linum usitassimum, procéderait de Linum bienne, domestiqué au Moyen-Orient parallèlement aux céréales. Oléagineuse