[ Galium mollugo = Galium mollugo aggr.; si on le souhaite]
Avertissement sur cette fiche
Cette fiche, va pour l’instant considérer l’agrégat de Galium mollugine. Explications:
Lorsque l’on distingue 2 espèces ou 2 sous espèces selon des critères, il est toujours possible qu’il reste une sorte de « poussière », soit des plantes répondant mal aux critères correspondants.
Que faire de ces plantes? Elles peuvent être des hybrides entre les 2 espèces, ou des variétés de chacune. Cela peut bien sûr être par ailleurs la variation morphologique normale d’une espèce ou d’une autre (et c’est pour au moins la plus grande part ce qu’il ce passe ici). Mais dans chacun de ces cas, on a tendance à attendre des commentaires ou des descriptions concernant la morphologie, et éventuellement des données biogéographiques, écologiques, cytologiques ou génétiques qui permettent d’améliorer l’appréhension de deux espèces et des plantes de l’une ou l’autre de ces espèces qui ne sont pas bien déterminables.
Il y a en outre, pour paraphraser la flore bleue, souvent des « souvent » dans la distinction entre le gaillet blanc (ou érigé) et le gaillet mollugine.
Avant d’indiquer les critères de distinction, je veux faire remarquer que Jauzein admet 2 sous espèces (la Flore bleue les tolères) quand Flora Gallica admet 2 espèces. Jauzein semble rejeter l’idée de la possibilité du gaillet mollugine en Île-de-France. Il semble que selon lui, ce gaillet est de climat continentalisé, et montagnard (il propose donc des données bio-géographiques, mais n’est pas forcément suivi sur ce point), et donne une piste pour l’identification des Gaillets blancs franciliens qui répondraient au moins partiellement aux critères du Gaillet mollugine. Selon lui, il s’agit de l’ancien Gallium mollugo subsp. elatum de Thulliers. Ce dernier gaillet est donné comme synonyme du gaillet mollugine dans Flora Gallica. Il est donné comme synonyme tant du Gaillet mollugine que du Gaillet blanc sur le site du muséum national.
Distinguer le Gaillet mollugine du gaillet blanc:
[Galium album=galium mollugo subsp. erectum (au moins une variété admise par Flora gallica); Galium Mollugo= Galium mollugo subsp. mollugo]
Groupe du Galium mollugo: Fleurs blanches, feuilles uninervées vert franc sur les deux faces et tiges à angle net, on est dans le groupe mollugo.
Galium album est très morphologiquement proche de Galium mollugo.
- Son inflorescence en pleine floraison est plutôt dressée, les rameaux de l’inflorescence sont dressé, et celle-ci donc plus étroite que celle du gaillet mollugine.
- Les corolles ont en moyenne plus de 3 mm de diamètre (max: 5,5 mm de diamètres),
- les pédicelles ont une longueur souvent plus petite que le diamètre de la corolle.
- Les feuilles les plus grandes sont souvent plus étroites, souvent 4 fois plus longues que larges et souvent inférieures à 4 mm de larges. Ce critère est actuellement jugé le plus pratique, mais régionalement contesté (voire flore de la France méditerranéenne continentale). L’indice sur la taille des feuilles n’est pas donné dans la flore bleue. Cette feuilles sont oblongues-linéaires.
- La tige est glabre ou courtement velue.
Gallium mollugo:
- présente des tiges seulement ascendantes ou parfois décombantes.
- L’inflorescence est plus étalée, et présente des rameaux nettement divariqués en pleine floraison.
- Les corolles ont en moyenne moins de 3 mm de diamètre (2 à 3 mm de diamètre)
- Les pédicelles ont une longueur souvent plus longue que le diamètre de la corolle
- Les feuilles sont plus larges que celles de Gallium album. Les plus grandes ont souvent une largeur supérieures à 4 mm. Et la longueur n’atteint pas 4 fois la largeur, le plus souvent. Ces feuilles sont plutôt obovales.
- La tige est généralement glabre.
Quelques photos …
Je vais commencer par le gaillet mollugine senso lato que j’ai pris en photo, et ayant une morphologie plus problématique.
Ici, parc des Beaumonts, 93100. Un gaillet de l’agrégat mollugo, dont certaines tiges sont nettement ascendantes, quelques autres sont dressées. Sur la série de photo de ce Gaillet seules les tiges ascendantes sont prises en photos (pour la période de floraison, cela m’a permis d’éviter la partie soumise au courants d’air). Les tiges sont couvertes de poils courts. Les feuilles semblent courtes, ou en tout cas larges et sont nettement obovales.

Au moins vers le bas, des rameaux assez étalés …

Les pédicelles de la fleur sont égaux ou plus petits que le diamètre de la corolle, sur un rameau semblant plus ou moins divariqué et velu …

Ci-dessous, Rue Thérèse Clerc, 93100, (inflo non prise en photo). On est sans doute plutôt sur un jeune gaillet blanc: le type erectum semble mieux caractérisé. Feuilles oblongues semblant étroites et toutes tiges dressées, plutôt glabres.

Parc des beaumonts, 93100, un gaillet en 2022, un gaillet blanc, le plus probablement:
les feuilles, oblongues et tige à peine pubescente:

La future inflorescence:

Felletin, Parc naturel régional de Millevaches (PNRM), 549 m, 2024. Ne pas prendre en compte la colorimétrie. J’ai du mal à passer du manuel en semi automatique, et la couleur apparaît glauque alors que les plantes sont nettement vertes.
La plante suivante correspond au Gaillet mollugine tel que décrit par Rameau (Flore forestière, plaine et colline, 1989).
Inflorescence étalée, la plante semble crouler sous son poids: tiges peu dressées.

Pédicelles souvent plus longs que le diamètre de la corolle.


Feuilles obovales, mais surtout étroites et longues, plante non velue.

Gentianales>Rubiaceae>Galium album
Plante rapportée aux ourlets, et parcourant les prairies et pelouses.
Ourlets basophiles médio-européen- Trifolio medii – Geranietea sanguinei Müller 1962
Gallium mollugo aggr., port offert par la fauche (photo prise en Manche):

Lieu(x) où la plante est photographiée: Montreuil (parc des Beaumonts), Manche pour le dernier exemplaire en photo (la toute dernière photo, celle ci-dessus).